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Petit animal
insignifiant et très
discret, la taupe vit sous terre. Malgré son poids plume, cet
insectivore fait un travail de terrassier colossal qui
déplaît
aux cultivateurs et aux jardiniers.
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La
taupe qui touche en général nos régions a pour nom
scientifique "Talpa europaea".
Elle
se répand en Europe entre le milieu de l'Espagne, le nord de
l'Italie, la Yougoslavie, le sud de la Russie, pour les limites sud, et
l'Angleterre, le Danemark, la Finlande, au nord.
La
taupe est un mammifère carnivore et insectivore présent
sur la totalité du territoire français.
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Description
De forme
cylindrique, elle mesure entre 11 et 15 cm de long. Elle a une queue de
2,5 à 3 cm qui lui sert de guide lors de ces déplacements
dans les galeries.
Bien qu'elle ait un corps boudiné, la taupe est très
souple, ce qui lui permet d'effectuer des retournements très
rapides dans un boyau étroit.
Son poids
est de
de 60 à 110 g ; les mâles sont plus lourds en moyenne que
les femelles.
Le corps
est recouvert d'une fourrure dense uniforme de couleur noire. Elle est
toujours très douce et très propre, malgré les
longs séjours de la taupe sous terre.
Les poils
mesurent moins d’un centimètre. <>Une tache
blanche ou jaunâtre est parfois visible sous le ventre.
Les animaux
"albinos" sont très rares 1 pour 10 000.
La taupe
est quasiment aveugle. Ces petits yeux minuscules et dissimulés
ne lui sont pas d'un grand intérêt vu qu'elle passe le
plus clair de son temps sous terre.
Mais si elle
n'a pas une bonne vue, en contrepartie, elle dispose d'un
système
auditif très performant bien que les oreilles soient invisibles.
Son odorat est également développé. Son museau est
capable de détecter un ver de terre à son odeur à
travers un centimètre de terre.
Ses pattes
antérieures larges et dépourvues de poils sont
très caractéristiques. Elles sont tournées vers
l'extérieur et ont cinq doigts avec des ongles puissants… comme
des pelles. Elles lui permettent de creuser les galeries de sa
taupinière.
Les postérieures sont placées normalement sous le ventre
et servent lors du déplacement.
Enfin, pour
pouvoir vivre sous terre, elle a des poumons très importants
proportionnellement aux autres mammifères qui lui permettent
d'emmagasiner plus d'oxygène.

Nourriture
90% de la
nourriture sont constitués de vers de terre.
Quelques
fois, on a pu observer la consommation de larves et petits rongeurs.
Son
appétit est sans limite. Lors des trois à quatre repas
quotidiens, elle consomme son poids en nourriture. Ceci explique son
activité sans relâche et continue.
Elle a
plusieurs techniques de chasse. Elle se déplace très
rapidement dans ses galeries (3,5 km/h), en croquant tout ce qui se
trouve sur son passage. Si elle ne trouve rien par cette
méthode, alors elle renifle et écoute le moindre son qui
se répercute sur les parois puis creuse en direction de ces
proies potentielles qu'elle gobe.
Bien
qu'elle n’hiberne pas, la taupe se constitue des réserves pour
l'hiver, qu'elle emmagasine dans une "chambre froide".
Elle ne
consomme pas de végétaux, mais il lui arrive de
sectionner quelques racines pour se frayer un passage.
C'est la
disponibilité de la nourriture qui explique les migrations
éventuelles pendant certaines saisons. Elles reviennent quand la
nourriture est à nouveau présente.

Reproduction
Il est
difficile de distinguer les mâles des femelles. Les quatre
mamelles
situées sur la face ventrale sont décelables dans la
fourrure pendant l'allaitement.
Pour se
rencontrer, les taupes mâles creusent dans tous les sens afin de
croiser les galeries d'une partenaire. Cela au printemps.
On
trouve
des animaux en gestation à partir de janvier. Les mise-bas sont
terminées fin avril début mai.
Après
l'accouplement la femelle retourne de ses galeries où elle
élèvera seule ses petits jusqu'à la fin de
l'été avant de les en chasser.
Elle aura
en moyenne 3 à 5
petits par an.
Il y a 4
à 5 semaines d'allaitement. Les jeunes sont
émancipés dès un mois et demi à deux mois
et vont s'installer dans leur propre terrier.
La
longévité naturelle est d'environ 3 ans. Quelques animaux
arrivent à l'âge de 5 ans.

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Habitat
La
taupe vit dans un réseau souterrain, il est rare de la
rencontrer à la surface.
Le terrier est constitué de chambres dans lesquelles la taupe
peut se reposer et de galeries profondes (jusqu'à 50
centimètres sous terre) et
superficielles, souvent décrites par des auteurs mais sans forme
déterminée.
En plus des ouverture "visibles" qui permettent à la taupe de
regagner la surface, il y a des ouvertures "invisibles", des puits
d'aérationqui ventilent facilement les galeries.
Nous avons pû suivre une taupe dans une galerie superficielle sur
plus de 350 mètres sans une taupinière.
Les taupinières sont plus ou moins espacées, elles ont
une forme de dôme et quand elles sont récentes, on
distingue sur leur sommet des boudins de 4 à 5 cm de long. Ces
boudins se dégradent rapidement en séchant ou sous
l'action de la pluie.
Ceci nous permet de déterminer "l'âge"de la
taupinière.
On peut prétendre que la taupe comprime le 2/3 de la terre
creusée dans ces galeries afin de les consolider. Le 1/3 restant
est expulsé sous forme de taupinières.
C’est un animal peu sociable qui vit en solitaire.
Certaines galeries périphériques sont utilisées
par plusieurs animaux.
Un territoire abandonné à la suite d'un changement de
secteur, prélèvement, ou de la mort de son occupant est
souvent recolonisé.
On trouve en moyenne de 5 à 30 taupes / ha.

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Le contrôle de la
population
La
taupe est depuis longtemps pourchassée par l'homme. Pas à
cause de ses consommations de vers ou de larves qui pourraient
plutôt la classer parmi les animaux utiles mais en raison du
bouleversement du sol et la sortie de terre occasionnés par
l'édification de son réseau de chasse.
Les taupinières, en dehors de leur aspect inesthétique,
rendent l'entretien des pelouses plus délicat. La casse de
matériel doit être mentionnée.
Dans les jardins et en culture, la taupe peut anéantir les
jeunes semis et la plantation de petits sujets par le
soulèvement de la terre lors de ses passages.
La méthode de lutte la plus appropriée, la plus
sûre et qui laisse un terrain "sain" est le piégeage.
En effet, la
taupe n'est pas hémophile de nature et les techniques
d'épines de rosiers, d'éclats de verre, fil
barbelé, etc., relèvent de l'artisanat et sont sans
résultat notoire. Ces méthodes ne font que
l'éloigner momentanément.
Des
prélèvements massifs et répétés
ont pour résultat de diminuer la densité de la
population. Ce qui entraîne une diminution de l'activité.
Les taupes qui recolonisent des terrains abandonnés par leurs
occupants agrandissent considérablement leur terrain de chasse.
La baisse d'activité que l'on peut alors observer se
résume par un entretien des galeries conquises (petites mottes
de terre).

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